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P1050313Thème du mois de décembre :
« Grâce à la tendre compassion de notre Dieu, le soleil levant brillera sur nous d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort et pour diriger nos pas vers le chemin de la paix. »  (Luc 1,78-79)

Thème du 1er dimanche de l’Avent :
Le Seigneur vient : « Voici que ton roi s’avance vers toi :
il est juste et victorieux. »  
(Zacharie 9,9)

Lectures du jour proposées : 
Psaume 24,7-10; Jérémie 23,5-8; Romains 13,8-12(-14); Matthieu 21,1-9; Apocalypse 5,1-5(-14)

… ces lectures ont été préparées
par les catéchumènes de Schiltigheim et de Bischheim
avec le pasteur Michel Roth.

Pour les jeunes, la journée a continué au CEP
avec Anne Epting et Robert Steck,
par des chants de l’Avent et de Noël,
un jeu animé par les anciens catéchumènes
et un enseignement sur le thème :
 » Le sens de la vie selon Adam et Eve  » 
(Genèse 2,4b-17) :

P1050308P1050310Message de Michel Roth :

L’Apocalypse est la révélation de ce jour où le Dragon doit se soumettre à l’Agneau, où la force et la violence s’inclinent devant l’innocence qui ne fut jamais une faiblesse. Le jour où la volonté de puissance est désarçonnée par la volonté de servir et le désir de présence.

Quel est donc cet amour qui ne se laisse pas engloutir par la mort ? Cet Agneau qui ne se laisse pas dévorer par le Dragon ?

« Et je vois au milieu du trône et des quatre vivants, au milieu des vieillards un agneau. Il se dresse et il est égorgé ,… Ils chantent un chant nouveau : « Tu es digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux parce que tu es égorgé… »

Qui peut ouvrir le livre ? Le livre que nous sommes ?, le livre du monde ? Il est scellé de sept sceaux. Qui peut nous en donner le sens ? Qui ouvrira les sept nœuds qui ouvrent notre corps ? Et le corps du monde empêchant l’énergie de circuler ?

Qui fera de nouveau tourner la roue de nos sept centres vitaux afin que la vie s’y incarne et s’y donne ? L’apocalypse nous dit que c’est l’Agneau, symbole de l’innocence et de la bonté, la « force invincible de l’humble amour » qui peut ouvrir les sceaux.

Vivre à partir de cette clarté et de cette bonté primordiales, c’est ce qui transfigure notre regard et donnera du sens à tout ce qu’il rencontre. Nous le savons déjà, il y a dans le regard des poètes et des amoureux la lumière nécessaire pour que se révèle le secret de ce qui existe. Seul un regard poétique et amoureux posé sur le monde peut nous en révéler la saveur. Seul un regard de lumière et de compassion peut nous en révéler le sens. Seul le regard de l’Agneau peut nous révéler pour quelles noces nous sommes nés, pour quelle union avec tout ce qui vit et respire.

L’Agneau est le cœur de notre être, la clef de voûte de notre édifice ( la clef de voûte des églises romanes est justement cet agneau ) la clef qui ouvre le sens du livre de nos vies. La connaissance ne suffit pas, sans l’éveil de cette innocence et de cette bonté primordiales, nous ne savons rien ou nous ne savons les choses que du dehors. Pour accéder à cette plus haute connaissance, il ne faut pas avoir peur d’être blessé,… car il n’y a en elle aucune violence pour répondre à la violence, il n’y a que la conscience et la compassion pour répondre à la violence du Dragon. Si celles-ci semblent vaincues, les apparences ne montrent que la blessure, l’égorgement et la croix, l’apparition que voit Jean, c’est celle de l’amour vainqueur à travers ses blessures, cet égorgement et cette croix, c’est l’amour plus fort que la mort. Lui seul est capable et digne d’ouvrir le livre qui ne s’ouvre sous le coup d’aucune violence ne cède aucunement à l’emprise des puissants et de cette toute-puissance connue de tous qu’est la mort.

La vision de l’agneau-égorgé debout, c’est la vision du Ressuscité qui garde sur son corps de lumière les traces de son corps de chair écartelé par ceux qui voulaient et veulent toujours le réduire à l’inexistence ; c’est la clarté et la bonté qui auront le dernier mot : notre vraie nature, notre être éternel, ce n’est pas le Dragon, c’est l’Agneau. « On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur » dit le Renard au Petit Prince. Il n’y a que les amoureux et les poètes qui ne soient pas aveugles en ce monde. Il est dit que dans la Nouvelle Jérusalem, il n’y aura ni temple, ni lune, ni soleil, tous vivront dans la lumière de l’Agneau : Puissions-nous dire et vivre comme Jean-Baptiste, « c’est lui l’Agneau de Dieu qui élève et transfigure la misère du monde ! »

… et ce culte a été précédé hier et suivi aujourd’hui
par la Fête-Vente paroissiale d’ l’Avent
dont voici – en bon souvenir – quelques aperçus :

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Thème de ce dimanche :    Le jugement dernier

« Il nous faudra tous comparaître en pleine lumière
devant le tribunal du Christ. »
  (2 Cor. 5,10)

Lectures proposées : 

Psaume 50,1-6, 14-15 et 23; Jérémie 8,4-7; Romains 8,18-23; Matthieu 25,31-46; Luc 16,1-8

 

Ce culte a été préparé par William Baal, prédicateur laïc

Le texte du jour pour la prédication se trouve dans l’Évangile de Luc, chapitre 16, les versets 1 à 8 :

La parabole du gérant habile

1   Puis Jésus dit à ses disciples :
« Un homme riche avait un gérant qui fut accusé devant lui de dilapider ses biens. 

2   Il le fit appeler et lui dit : “Qu’est-ce que j’entends dire de toi ?
Rends les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.” 

3   Le gérant se dit alors en lui-même :
“Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Bêcher ?
Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’en ai honte. 

4   Je sais ce que je vais faire pour qu’une fois écarté de la gérance, il y ait des gens
qui m’accueillent chez eux.” 

5   Il fit venir alors un par un les débiteurs de son maître et il dit au premier :
“Combien dois-tu à mon maître ?” 

6   Celui-ci répondit : “Cent jarres d’huile.”
Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, vite, assieds-toi et écris cinquante.” 

7   Il dit ensuite à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?”
Celui-ci répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu et écris quatre-vingts.”

8   Et le maître fit l’éloge du gérant trompeur, parce qu’il avait agi avec habileté.
En effet, ceux qui appartiennent à ce monde sont plus habiles vis-à-vis de leurs semblables
que ceux qui appartiennent à la lumière.

 

 

P1050273Que le Seigneur ouvre l’intelligence de nos cœurs par son Esprit Saint !

Notre Seigneur, fait l’éloge d’un escroc ! C’est ce que nous pourrions croire à la vue de ce texte ! Alors nous pouvons voir les choses de différentes manières. Nous nous rappelons tous que Jésus a fréquenté des personnes peu recommandables, comme Zachée, qui collectait des impôts pour les Romains, sur le dos de ses compatriotes. Un collaborateur de la force occupante en somme ! Nous pourrions parler aussi de Marie de Magdala, qui faisait commerce de son corps, et qui a oint Jésus avec un parfum de grand prix, pour anticiper son embaumement. Nous limiter uniquement à cette observation, nous laisserait croire que Jésus aimait la fréquentation de personnes à la morale douteuse !

 Mais il y a une autre manière de voir les choses. Notre Seigneur s’intéressait plus au cœur de l’homme qu’à son statut social ! Dit plus simplement, Jésus avait vu en Zachée,  un homme qui agissait avec droiture : «Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. Et le Seigneur de répondre : «Jésus lui dit: Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham …»,  « … car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu». C’est ce que nous lisons dans l’Évangile de Luc chapitre 19 les versets 8 et 9 et 10. Quant à la sœur de Marthe, Marie, dont Jésus avait chassé des démons, là aussi notre Seigneur avait lu dans le cœur de celle-ci une grande soif d’amour ! Alors pour en revenir à notre intendant escroc, nous pourrions réfléchir à ce que le Seigneur souligne dans ce texte ! Soyons clairs, il ne justifie pas l’action de cet intendant infidèle, il souligne l’ingéniosité et la vérité de sa réflexion. Nous pourrions réfléchir au comment l’homme fait le point sur sa situation, comment il prend les mesures appropriées, la réflexion du maître, et enfin quelles conclusion pour nous au XXIe siècle ?

Que fait l’homme, lorsqu’il voit que sa situation est perdue ? Il regarde en son for intérieur, avec lucidité sa situation ! Il ne se voile pas la face ! Il sait qu’il ne peut rien faire. Il ne veut pas mendier, et il ne veut pas travailler physiquement pour subvenir à ses besoins. Immédiatement, il réfléchi comment il va mettre en œuvre ses compétences. Et c’est en cela, qu’il utilise ses propres talents pour trouver une solution à sa situation. Et, il agit. Et il utilise son temps de préavis pour sécuriser son futur. Pour résumer, il fait preuve de vérité face à lui-même. C’est ce que nous retrouvons dans les versets 5 et 8. Il a un but : s’attirer la bienveillance  de ceux à qui il va remettre la dette pour l’échanger contre une hospitalité. En clair, il considère que c’est une situation de vie où de mort pour lui. C’est comme cette histoire de la mouche qui tombe dans un verre de lait frais, et qui bat des ailes tellement fort (c’est tout ce qu’elle sait faire), et à force de battre, le lait le transforme en beurre, et ainsi elle peut s’appuyer sur celui-ci pour s’envoler ! Voilà ce que nous pouvons voir dans l’attitude responsable de cet intendant infidèle ! Il veut à tout prix s’en sortir.

Le maître, cité par notre Seigneur, admire son attitude de responsabilité, de détermination, et enfin de volonté d’action de sauver sa vie. À aucun moment, il ne regrette son choix de se séparer de cet intendant infidèle. Dit plus simplement, un escroc reste un escroc, même si sa manière de faire peut susciter l’admiration ! Dans le verset 8, il parle: «En effet, ceux qui appartiennent à ce monde sont plus habiles vis-à-vis de leurs semblables que ceux qui appartiennent à la lumière.»  Qui sont semblables à ces enfants de lumière ? À l’époque, nous pourrions imaginer que c’est ceux qui respectaient la loi de Moïse et qui étaient sincères devant Dieu. Mais comment traduisaient-t-ils leur engagement pour Dieu ?

Mais  que pouvons-nous retenir, nous tous ici présents, dans ce texte ? Sommes-nous également les enfants de lumière ? Mettons-nous autant d’intensité à sauver nos vies matérielles comme cet intendant au détriment de notre relation avec Christ? Avons-nous du zèle et de l’ardeur à réaliser les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance pour nous ? Vous le savez, chacun peut répondre à cette question en son cœur. Néanmoins nous pouvons formuler un constat, c’est que l’homme n’a pas changé. Nous avons vu au cours des siècles, et notamment il y a 500 ans, que Luther s’était élevé contre le paiement des indulgences. Même si celle-ci était destinée à ériger la basilique Saint-Pierre, il s’agissait d’une escroquerie aux écritures saintes de notre Bible ! Malheureusement encore maintenant, nous avons des prédicateurs de tous bords qui mobilisent les médias télévisuels, à grand renfort de musique et de lumière pour faire appel à des dons, qui souvent servent à les enrichir. Alors comment réagir face à cela ? Notre Seigneur a des réponses : «Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir» (Luc 8, verset 18), et il ajoute par la parole de Paul à Timothée : «Recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux, et de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu, qui nous donne avec abondance toutes choses pour que nous en jouissions.» Et toujours chez Timothée : «… de s’amasser ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide,  afin qu’ils obtiennent la vie éternelle.» Voilà le programme que nous propose notre Seigneur. Équilibrons notre vie spirituelle et temporelle, il y a de la place pour  l’une et l’autre, en ayant de la lucidité, de la vérité, et de l’amour dans ce que nous vivons. Prenons le temps pour nous arrêter sur le sens de notre vie ; elle passe tellement vite .Tenons ferme dans notre foi, Vous le savez tous notre Seigneur nous accueillera dans son royaume d’éternité, parce que nous avons  eu cette foi en lui jusqu’à notre dernier souffle.

AmenP1050278

 

 

 

Thème de ce dimanche :   Le jour du Salut : 

« C’est maintenant le moment favorable;
c’est maintenant le jour du salut. »
   
(2 Cor. 6,2b)

Lectures proposées :  Psaume 90,1-17; Job 14,1-6; Romains 14,7-9; Luc 17,20-24; Luc 11,14-23

 

Liturgie :
pasteure Ruth Wolff-BonsirvenP1050226

 

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Prédication :
pasteur Jean-Jacques Bonsirven sur Luc 11,14-23

 

Jésus, Parole de Dieu redonne la Parole à un homme possédé par un démon muet

C’est ainsi que l’on pourrait résumer ce passage de l’évangile de Luc.

Le texte lui-même n’a pas de difficultés particulières. On peut cependant préciser quelques  points. Muet, en grec, le mot employé peut aussi signifier sourd. Ainsi dans le passage messianique de Mt 11.5 répondant à la question de Jean baptiste : doit-on en attendre un autre que toi, Jésus citant l’Ancien Testament répond : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent. C’est le même mot. Muet et sourd. Kophos en grec. Je reviendrais là-dessus.

Remarquez aussi que c’est le démon qui est muet ou sourd et qui rend cet homme muet et/ou sourd ! Le scénario reste le même que dans beaucoup d’autres péricopes des évangiles. Une personne malade ou possédée, une foule admirative et quelques-uns qui veulent tendre un piège à Jésus. Jésus guérissant, répond à ces personnes en se défendant et justifiant ce qu’il vient de faire. Ici, le piège consiste à demander à Jésus de faire un signe/miracle, pour prouver que son pouvoir vient bien de Dieu/des cieux et non du maître des démons Belzébuth.

Pour les anciens, auteurs, lecteurs ou héros de ces histoires, le monde des démons, comme celui des anges était une réalité indubitable. La question, pour eux, ne portait pas sur leur existence ou non, mais sur la façon d’en venir à bout. Est-ce par l’autorité de Dieu ou par l’autorité d’une puissance encore plus maléfique que le démon présent ? Et bien entendu le pouvoir sans faille dont fait preuve Jésus est suspect puisque agissant ! En fait, tout ce qui était inexpliqué/ inexplicable forcément était l’œuvre de puissances surnaturelles. 

Aujourd’hui, point n’est besoin d’en référer au surnaturel. Nous assumons ne pas tout comprendre, sachant qu’un jour, probablement nous trouverons l’explication « naturelle ». Mais même si on ne se pose plus la question de l’existence de démons prenant possession d’hommes/de femmes, sans aucun doute il y a des personnes qui ont été dépossédés de leur paroles, de leur avenir, de leur espoir, de leur lumière intérieure, de leur être. Pensez à ce qui se passe pour ces millions de femmes abusées, violées et qui osent maintenant, quelques-unes, enfin, dénoncées leur bourreau. Elles ont été enfermées vivantes dans des prisons fabriquées par leurs agresseurs. Tais-toi… si tu parles, tout le monde saura qui tu es ! ce que tu as accepté ! Et elles parlent et c’est bien. Mais ce ne sont que quelques-unes et il y en a tant qui restent avec leur douleur muette, véritable démon les hantant jour après jour..

Il paraît que c’est la parole qui nous distingue du règne animal. Et c’est vrai que c’est le plus grand des cadeaux donnés à l’être humain. Pouvoir parler c’est être au monde. Et rien d’étonnant que de constater que vivre devient une lutte pour avoir droit à la parole. Lutte pour apprendre, et cela commence par des balbutiements, mais là, habituellement tout le monde est content pourvu que cela ne fasse pas trop de bruit ! puis les premiers mots viennent et s’ils sont bien choisis par l’enfant, les visages s’éclairent ! papa maman et non tracteur ! Après dès que l’enfant apprend à parler, on lui apprend en même temps qu’il est un enfant et qu’il n’a pas droit à la parole. Il doit se taire : 6 heures par jours pour apprendre à parler ! Heureusement à la maison il parle, mais trop. Les parents sont fatigués, et c’est vrai. Puis le monde la jeunesse, les débordements, la vie s’invite et les temps de paroles avec les copains, paroles débridées, libres, extrêmes, à l’image de la vie bouillonnante de cet âge. Les études, réapprendre à peser ses mots, à dire, tout en ne disant pas, à tourner autour, pour ne pas fâcher quelqu’un, l’art de ne rien dire tout en laissant croire que des choses importantes ont été dites. Et apprendre les mots de l’amour, les mots du « je ». Que c’est difficile.

Mais surtout découvrir que décidément il y en a d’autres qui parlent mieux, d’autres que tout le monde écoute même sans être vraiment d’accord, mais on se tait quand ils/elles parlent. Elles savent. Elles savent utiliser les mots pour faire rire, humilier, rabaisser, ironiser, convaincre, Alors on découvre si cela n’a pas été fait avant, qu’il y a des mots qui tuent. On a peur de leurs mots. Alors on se tait, même si on sait que l’on ne devrait pas et qu’on va se haïr de ne pas avoir essayer. Mais sommes-nous écoutés ? Pourquoi d’autres sont-ils/elles écoutés plus que nous ?

Notre parole ne compte-t-elle pas ? Oui, nous sommes en démocratie, et chaque voix compte ! oui pour élire des gens qui vont parler à notre place. Ils ont notre voix, et pourtant je ne la reconnais pas quand ils parlent ! 

Enfin vient le temps de la parole difficile, notre parole compte de moins en moins sauf aux derniers moments, dernier souffle. Qu’est-ce qu’il vient de dire ? Et le silence. Ouf. Je vous l’ai dit la vie est une lutte pour la parole.

Et Dieu se révèle à nous. Il est vie et toute vie commence par la Parole. Dieu dit et cela est. Dieu dit et la lumière fut. Cette lumière qui chasse les ténèbres, parole qui sépare, qui distingue, qui ordonne ce que les ténèbres cachent, emmêlent, embrouillent, enchevêtrent de telle façon qu’on ne peut mettre de mot dessus.

La Parole en distinguant, en ordonnant permet le mot, la nomination, et ainsi projette la lumière et la vie. La vie est parole. La Parole est la vie.

Jésus, Parole de Dieu, ne fait pas de magie, il guérit les sourds, les muets en redonnant la parole. En nous affirmant « ta parole compte pour moi, je veux t’entendre, t’écouter, dis-moi, raconte-moi. Je te promets, je ne corrigerai pas tes fautes de grammaire, et même si tu bégayes, et même si tu n’as que des soupirs inexprimables, je t’écoute. Chaque mot sortant de ta bouche je l’accueille comme un trésor. Parle. »

Il nous redonne la parole et en donnant la parole il nous assure une place au monde. En parlant, nous reprenons possession de nous-même, de notre être. Le silence, le mutisme enferme, la Parole échangée libère et nous ouvre à la vie et à l’autre.

Et le muet se mit à parler est-il écrit, que dit-il ? Le texte ne le dit pas. Des paroles sans importance ? des paroles pour ne rien dire ? Je ne pense pas. Non surement pas, des bruits peut-être, des cris inarticulés mais des cris de guérison, des cris d’espoir, l’apprentissage à la liberté de dire.

Ce passage me fait penser à l’autre miracle, mais c’est un aveugle, à qui Jésus place sur les yeux une boue faite de poussière et de salive. Et l’homme dans un premier temps arrive à voir mais voit les hommes dit-il comme des arbres, puis dans un second temps il voit justement. Cela ne s’est pas fait immédiatement.

Et reprendre, reconquérir la parole demande un apprentissage, demande du temps.

Du temps pour pouvoir dire justement. Pour que ce soient des bonnes paroles qui sortent de notre bouche comme celle dans Eph.4.29 : de bonnes paroles qui transmettent une grâce à ceux qui les entendent.  Et pour ce faire, il faut d’abord s’affermir dans sa dignité de fils et fille de Dieu, à qui Dieu donne la parole et confirme sa place au monde jusqu’à la dernière seconde de vie … et bien après.

Puis il faut apprendre à écouter sa sœur, son frère. « Ecoute avant de parler », je crois entendre mon père ! mais il avait raison. C’est juste. Celui qui est sourd à son frère/sœur ne parle pas, il se dit des mots à lui-même. L’écoutant parle justement.

Je m’arrête là.

Que l’Eglise (c’est-à-dire nous) guérisse de sa surdité et de son mutisme et qu’elle devienne lieu d’écoute, de paroles proclamées, lieu d’échange, lieu de rencontres d’hommes et de femmes dans un espace de liberté d’être et de pensée. Ce sera alors le jour du salut. Alors la Parole de notre Dieu retrouvera aussi sa place dans ce lieu de liberté et d’échange. Parole d’amour et d’accueil, parole de création et de libération. Amen.

P1050233Et quelques nouvelles de la paroisse de Bischheim :   T.R.P.O.

C’est un joyeux groupe de protestants et de catholiques se retrouvant alternativement en l’église St Michel et l’église Christ-Roi à raison d’une rencontre par mois.  Ils se rassemblent poussés par leur foi dans les paroles du Christ demandant à notre Père l’unité, semence de foi. Outre la lecture des écritures et la prière, des projets leur tiennent à cœur. L’organisation de rassemblements œcuméniques pour les deux paroisses de Bischheim et également un cheminement actif pour un quotidien écologique. Le respect de l’atmosphère,  de la terre,  et de toute vie la peuplant, est le centre de leur réflexion et action. Ce groupe est ouvert et prêt à accueillir quiconque se reconnait dans ses valeurs.

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Thème de ce dimanche :  La foi victorieuse

« La victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi. »  1 Jean 5,4

Lectures du jour :
Psaume 25; Esaïe 49,1-6; Romains 10,9-17; Matthieu 15,21-28; Marc 9,17-27

 

Prédication William Baal, prédicateur laïc :

Le texte de prédication du jour se trouve dans l’Evangile de Marc, chap. 9, les versets 17 à 27 :

17   Et un homme de la foule lui répondit :
Maître, j’ai amené auprès de toi mon fils, en qui se trouve un esprit muet. 

18   En quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette par terre ;
l’enfant écume, grince des dents, et devient tout raide.
J’ai prié tes disciples de chasser l’esprit, et ils n’en ont pas été capables. 

19   Jésus leur répondit : Race incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ?
Jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi. On le lui amena. 

20   Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit le fit entrer en convulsions ;
il tomba par terre et se roulait en écumant.

21   Jésus demanda au père : Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ?
Depuis son enfance, répondit-il ; 

22   et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr.
Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous. 

23   Jésus lui dit : Si tu peux… tout est possible à celui qui croit.

24   Aussitôt le père de l’enfant s’écria : Je crois !
Viens au secours de mon incrédulité ! 

25   Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur et lui dit :
Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus. 

26   Et il sortit en poussant des cris, avec une violente convulsion.
L’enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs le disaient mort. 

27   Mais Jésus le saisit par la main et le fit lever. Et il se tint debout.

Que le Seigneur ouvre l’intelligence de nos cœurs par son Esprit Saint !

Connaissez-vous la définition du mot longanimité ? C’est la patience dont fait preuve celui qui a le pouvoir de faire cesser ce qui lui déplaît. C’est exactement la caractéristique de notre Seigneur au verset 19 lorsqu’il nous dit : « Race incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand vous supporterai-je ? »  Et nous-mêmes, ne sommes-nous pas, sourds et muets et incrédules comme cette foule ? Ferions-nous comme les scribes qui discutaillaient entre eux parce qu’ils disaient que c’est impossible que l’enfant ne peut guérir etc. ? Qu’en serait-il de nous, en train de conseiller les parents ? C’est ce que nous imaginons dans ce brouhaha de discussions juste avant notre texte aux versets 14, 15 et 16 où il est dit : « Ils virent autour d’eux  une grande foule et des scribes qui discutaient avec eux; dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise et on accourut pour le saluer. Il leur demanda : ‘De quoi discutez-vous?’ »  C’est à ce moment-là commence le texte du jour.

Il est question d’un esprit muet. Le Seigneur au verset 25 nous précise que c’est également un esprit muet et sourd. Voici un enfant sans parole et sans écoute. Quel drame pour ses parents ! Comment transmettre le savoir du père ou de la mère ? Comment l’éduquer pour qu’il puisse avoir une vie responsable ? Que ferions-nous en face d’une telle situation ?

Je vous l’avoue que comme la foule, comme les scribes et comme les disciples, je serais bien démuni. Alors, bien sûr, j’utiliserais mes propres moyens : mon argent par exemple, mon propre savoir : la connaissance de médecins ou de professeurs spécialisés, je ferais tout ce qui pourrait contribuer à soulager la souffrance de mon enfant : du temps, de l’attention, de l’amour.

Quel en serait le résultat ? Je me retrouverais malgré tout cela en train de baisser les bras, de me décourager, et de me désespérer de ne pas trouver une solution à une situation qui dure depuis si longtemps.

Voilà ce que peut nous dire le texte au sujet de notre incrédulité lorsque nous utilisons nos propres moyens sans l’aide de Jésus. Je ne dis pas qu’il faille prendre part  à des sessions de guérison aux États-Unis où des évangélistes à grand renfort de télévision et d’animation font leur show avec succès, avec des impositions de main. Je ne dis pas non plus, qu’il faut nier tous les progrès de la médecine et tous les outils qui permettent de soulager la souffrance des hommes. Je préfère humblement dire que je ne sais pas comment traiter ce cas de figure.

D’ailleurs, si nous continuons la lecture des deux versets qui suivent le texte du jour, il nous est dit aux versets 28 et 29 : « Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier : pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit ? Il leur dit :cette espèce là ne peut sortir que par la prière’ ».

La prière : l’expression de la foi, nous pouvons aussi dire l’expression de la confiance. Voilà ce que dit le père de l’enfant au verset 24 : « Je crois, vient au secours de mon incrédulité !».  Cette affirmation est la plus simple des prières de notre humanité. J’ai la foi, mais je suis un homme incrédule de par mon être. Qu’il est difficile de faire confiance ! Jésus le sait, et dans sa réponse au verset 23 il nous montre le chemin de la foi : « Tout est possible à celui qui croit  ». Que d’exploits ordinaires et extraordinaires ont été accomplis par ceux qui avaient la foi, ils ont fait confiance dans ce qu’ils entreprenaient. Leurs demandes avaient été entendues et exaucées !

Nous sommes obligés également pour bien comprendre ce texte, de nous intéresser à cet esprit. Au verset 20, dès que l’enfant possédé est en contact avec Jésus, cet esprit l’agite avec violence le fait tomber par terre et rouler en écumant. Nous avons là un premier signe de l’autorité de Jésus et de la soumission de cet esprit à la toute-puissance de Christ. Il tombe par terre, il enrage de violence de ne rien pouvoir tenter contre notre Seigneur. Il sait par-dessus tout qu’il va être obligé de l’écouter et de sortir de cet enfant, sans pouvoir y retourner. Et c’est ce qui se passe au verset 26 : il sort en poussant de grands cris et secouant une dernière fois l’enfant avec force, juste pour montrer sa colère d’être obligé d’obéir à l’ordre de Jésus. Ce mauvais esprit a été délogé, je pourrais dire « manu militari » il à été jeté dehors, et en plus, il a interdiction de retourner là où il était.

C’est là que nous pouvons constater le pouvoir de Jésus ! Jésus nous dit que cet esprit ne peut être chassé que par la prière. Cette modeste prière humaine du père qui reconnaît sa condition d’incrédule et qui malgré tout croit dans la force du Seigneur. Cette prière  nous montre comment, en nous confiant en Dieu, rien n’est désespéré. Je dirais même plus, que lorsque nous, chrétiens, nous sommes mis dans des situations impossibles et que nous n’avons plus que la prière, c’est que le Seigneur prépare déjà des miracles pour nous en sortir. Cette prière autorise l’action du Seigneur, oui l’autorise. Et j’ajouterai qu’elle est même nécessaire ! Car sans notre demande, il ne se passera rien !

Vous vous souvenez tous de ce verset qui dit  « Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira la porte.  Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et l’on ouvre la porte à qui frappe » (Matthieu 7,7-8). Le Seigneur veut que nous lui ouvrions la porte de manière à ce qu’il demeure en nous. Comment va-t-il faire des miracles, si nous ne l’autorisons pas à rentrer chez nous, à faire sa demeure en nous, à partager le repas avec nous !

Voilà ce que nous pouvons faire ;  croire, prier en croyant, en un mot, avoir la foi, faire confiance !

« La foi de cette ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on en voit pas. »  (Hébreux 11:1)

Réjouissons-nous, le Seigneur vient bientôt, soyons donc prêts à l’accueillir et partager le repas auquel il nous convie dans son royaume où nous serons éclairés par la lumière de son amour pour l’éternité.  Amen

 

 

 

 

Thème de ce dimanche :  Les biens terrestres

« Déchargez-vous sur Dieu de tous vos soucis, car il prend soin de vous. »   (1 Pierre 6,7)

Textes du jour :
Psaume 127,1-3; Genèse 2,4-15; 1 Pierre 5,5-11; Mathieu 6,25-34; Luc 18,28-30

Prédication de Michel Roth :

Je ne sais pas si c’est aussi le cas pour vous, mais ce texte, “à chaque jour suffit sa peine”, et son contexte immédiat que nous avons relu toute à l’heure, suscite en moi, un certain malaise.

Il y a quelque chose d’assez scandaleux dans l’interprétation habituelle qu’on en donne :

Jésus, d’ailleurs en “remet une couche” en précisant, “ne vous inquiétez pas en disant, qu’allons-nous manger, qu’allons-nous boire, qu’allons-nous mettre pour nous habiller “.

Alors, allez dire cela aux pauvres, aux victimes du chômage, de l’exil et des guerres, allez dire cela aux victimes des ouragans Irma et Maria!

N’est-ce pas un message diamétralement opposé à l’exemple même de toute sa vie, au témoignage des prophètes, au christianisme social et pratique que nous avons tiré des Écritures ?

… Et puis il y a cette phrase : “Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice” N’est-ce pas là un appel à l’action? A l’action pour les autres d’abord! Qu’est -ce que ce Royaume?

C’est un état de croissance, de maturité intérieure, que chacune et chacun de nous peut atteindre. Sûrement, la croissance la plus haute et la maturité intérieure la plus profonde! Aucune question de temps ni d’espace, de quand ni de où, ne s’y rattache! Pour toucher ce niveau, un changement intérieur est nécessaire. Intérieur ne veut pas dire dans les cellules du corps, mais plutôt une finesse de vie, l’ouverture d’une sensibilité, un sentiment pleinement vivant!

… Peut-être, je m’avance, mais la raison pour laquelle nous sommes ici est que nous nous sentons irrésistiblement attirés par Dieu. Et ceci, malgré nos souvenirs pas forcément satisfaisants de notre catéchisme ou de certaines cérémonies religieuses pas très dynamiques! Quelque chose nous pousse à chercher le facteur qui manque à notre vie, cela qui va nous rendre à notre état originel de paix et de joie.

Soyons assurés qu’à partir du moment où nous reconnaissons ce désir pressant en nous, cette aspiration de notre âme, notre esprit va se tourner encore et encore vers Dieu, jusqu’au jour où il deviendra évident que notre vie ne sera complète que lorsqu’elle sera vécue en Dieu et qu’elle aura Dieu vivant en elle …

Dieu est, soyons-en sûrs! Mais cela n’est vrai que dans notre expérience, dans la mesure où nous contemplons, nous prions et gardons notre esprit fixé sur Dieu. Vivant, nous mouvant et maintenant notre vie dans la compréhension consciente que Dieu ne nous abandonnera ni ne nous oubliera jamais! La grâce de Dieu nous suffit mais elle n’apparaît en fait que par la contemplation de cette grâce.

Que Dieu nous mette en relation avec le désir sincère de notre cœur! Amen

! … en construction … !

 

Thème du jour :  La grande guérison

« Il ne brisera pas le roseau qui ploie,
il n’éteindra pas la mèche qui vacille. »  Esaïe 42,3

Lectures du jour :
Psaume 147,3-11; Esaïe 29,17-24; Actes 9,1-9; Marc 7,31-37

 

Prédication par Michel Roth :

. . .   E N   C O N S T R U C T I O N   . . . 

Thème du jour :  Pharisien et collecteur d’impôts

« Dieu s’oppose aux orgeuilleux,
mais il accorde sa grâce aux humbles. »  1 Pierre 5,5b

Lectures du jour :
Psaume 113; 2 Samuel 12,1-10 + 13-15a; Éphésiens 2,4-10; Luc 18,9-14; Matthieu 21,28-32

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Prédication donné par Eloi Lobstein, pasteur à Souffelweyersheim sur Matthieu 21,28-32 :  …

. . .   E N   C O N S T R U C T I O N   . . . 

Thème du jour :  Le Seigneur et son peuple 

« Heureuse la nation qui a le Seigneur comme Dieu !
Heureux le peuple qu’il s’est choisi pour héritage. »
Psaume 33,12

Lectures du jour :
Psaume 106,2-5 + 47-48; Exode 19,1-6; Romains 9,1-8 + 14-16; Luc 19,41-48

Prédication donné par Claire-Lise Oltz-Meyer, pasteure à Hoenheim :   …

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. . .   E N   C O N S T R U C T I O N   . . . 

Thème du jour :  Gérants des biens de Dieu

« A qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »  
Luc 12,48

Lectures du jour :
Psaume 40,6 + 8-12; Jérémie 1,4-10; Philippiens 3,7-11; Matthieu 25,14-30

 

P1040149Prédication donné par le pasteur Jean-Marc Meyer,
responsable du service de la catéchèse à l’UEPAL :
  …

Thème de ce dimanche :  Les fruits de l’Esprit 

« Vivez comme des enfants de lumière;
car le fruit de la lumière consiste 
en toute sorte de bonté, de justice,
et de vérité. » Éph.5,9

Lectures :  Éphésiens 5,8-14; Matthieu 5,13-16

 

Ce culte a été placé sous le signe des noces de diamant  (= 60 ans de mariage depuis 1957 !)
de Christiane et Roland Nest 
(  qui ont invité toute l’assemblée au verre de l’amitié à l’issue du culte ! )

Prédication de Michel Roth :

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          En prenant de l’âge, en avançant vers la fin de sa vie, on vit ce paradoxe : l’homme extérieur décroît, l’homme intérieur croît. C’est le sens de la Parole de Paul dans l’épître aux Corinthiens :  » Tandis que notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour.  » 

          Nous commençons à comprendre que nous allons passer notre temps à lâcher... pour laisser advenir ce qui arrive. Cette acceptation du changement est un chemin, avec ses étapes que nous connaissons bien! Hmm!Hmm! Enfin, nous pratiquons plutôt la dénégation : le fait qu’on y croit pas trop, on essaie de mettre cela de côté, et puis la réalité s’impose!

          Dans notre avancée en âge, Christiane et Roland, nous pouvons épouser!!! les moments où l’on est déprimé et triste. Puisqu’ils font partie du chemin, puisqu’ils font partie de notre maturation. Et quand on épouse les moments de dépression, on les traverse! Cette dépression très répandue et qui avance masquée! La fatigue, les douleurs articulaires, les insomnies! Nous ne pouvons tout simplement plus faire les mêmes choses qu’avant! Le vieillissement de notre visage et de notre corps est évident dans le miroir. Il faut renoncer à notre jeunesse!

                    Bienheureuse dépression!!!

          N’ayons pas peur de traverser notre dépression, n’ayons pas peur d’épouser notre tristesse! Une tâche sacrée nous attend : accepter à travers tous ces petits deuils, l’érosion de nos facultés et de nos capacités! Combien cette remise en ordre est une étape nécessaire dans notre mûrissement! Une vie accomplie est une vie apaisée. Alors, nous pourrons contempler notre passé, nous pardonner nos échecs, nos erreurs, pardonner aux autres et surtout, leur demander pardon!

           » Il est possible que votre paysage intérieur, Christiane et Roland, connaisse un nouveau printemps, qui ne sera sûrement pas un réveil de vos forces juvéniles mais un réveil à une toute autre vie dans laquelle il n’est plus question de faire mais d’être, au-delà du temps.  » 

          La naissance est un événement extraordinaire, elle est ce moment étonnant de l’apparition de la vie. Elle est aussi extraordinaire parce qu’elle est le commencement d’une série de naissances. On naît plusieurs fois dans sa vie. A l’enfance, à l’adolescence, l’âge adulte, à la vieillesse! Et surtout, on naît aussi à soi, à son âme, à son être intérieur! Peut-être la plus belle naissance qui soit! Parce qu’alors, vivant consciemment, la vie prend tout son sens, toute sa saveur! On collabore activement à la vie et à l’univers! Notre vocation d’homme s’accomplit alors!

          C’est quand nous serons nés à nous-mêmes, dans la mesure où nous aurons réalisé la dignité de notre personne, c’est dans cette mesure que nous rencontrerons le seul Dieu, le Dieu Vivant, le Dieu Esprit, qui ne peut se révéler que dans cet espace de lumière que nous serons devenus. Nous avons à surgir aujourd’hui, Christiane et Roland, comme des êtres tout neufs et ainsi, à donner au monde sa véritable signification. En faisant de vous le corps de Dieu, en permettant au Dieu vivant de se réaliser à travers votre visage, vous ajouterez au monde ce qui ne peut exister sans vous!

          Nous ne pouvons naître à nous-mêmes que dans une ouverture totale à Dieu. “Lui” est le Bien-Aimé du Cantique des Cantiques; il est en vous, en moi; et l’être féminin que nous sommes tous au-delà de nos différences biologiques, au-dedans de nous-mêmes, cet être féminin le cherche, croit le saisir, mais doit aller plus loin encore en lui-même, mourir à sa “noirceur” et ressusciter à une autre lumière, pour l’approcher…

Le couple humain participe de ce même mystère et l’amour oblige à mettre dans un même berceau morts et naissances jumelles; et chacun, en allant vers l’autre, découvre un jour que dans ce souffle, il va vers le Bien-Aimé suprême.

          Comprenez bien ce que je veux dire : la qualité de ce souffle n’a rien à voir avec la morale et ses interdits; il est un jaillissement des plus grandes profondeurs de l’être, dont la source est aussi la finalité de tout érotisme ; il puise ses parfums, ses saveurs, ses dons les plus exquis “à la source close, à la fontaine scellée du jardin secret” que chante le Cantique des Cantiques, et qui ne s’ouvre qu’à l’approche du Bien-Aimé!

          “Je suis noire mais belle  filles de Jérusalem   Je vous adjure par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ah, ne réveillez pas l’amour avant qu’il le veuille!”

          “J’entre dans mon jardin, dit le Bien-Aimé, ma sœur, ma fiancée   Je cueille ma myrrhe et mes aromates   je mange mon rayon avec mon miel  Je bois mon vin avec mon lait  Mangez, amis, buvez, enivrez-vous ô bien-aimés!”

          Comment dire mieux les grâces de l’amour! Il est alors don total qui, loin de se disperser, unit et unifie; il se partage sans s’amoindrir, sans se diviser.

          “Place-moi comme un sceau sur ton cœur, sur ton bras car l’amour a force de tout transmuter! Ses feux sont flammes de Yah!”        Amen

        

Au-delà des barrières qui divisent une race d’une autre, les blancs des noirs,
Au-delà des barrières qui divisent riches et pauvres,
Par ta croix, ô Christ, réconcilie-nous.
Au-delà des barrières qui divisent les peuples ayant des religions différentes
et les athées des croyants,
Au-delà des barrières qui divisent les chrétiens de différentes églises,
Par ta croix, ô Christ, réconcilie-nous.
Au-delà des barrières qui divisent jeunes et vieux,
Par ta croix, ô Christ, réconcilie-nous.
Fais-nous voir les craintes et les préjugés cachés qui contredisent nos prières publiques.
Rends-nous capables de découvrir la cause de la lutte,
délivre-nous de tout sentiment de supériorité.
Apprends-nous à croître dans l’unité,
ensemble avec tous les enfants de Dieu.  Amen

 ∴

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