Culte du 16 juillet 2017 avec la pasteure Anne Epting (+baptême)


Thème de ce dimanche :

« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, au moyen de la foi.
Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. »
 Éphésiens 2,8

Lectures du jour :  
Psaume 73,23-26 + 28; Genèse 12,1-4; 1 Corinthiens 1,18-25; Luc 5,1-11;
et pour la prédication : Jean 1,35-39 : 

Le lendemain, Jean le baptiste était de nouveau là, avec deux de ses disciples.

Quand il vit Jésus passer, il dit : Voici l’Agneau de Dieu !

Les deux disciples de Jean entendirent ces paroles, et ils suivirent Jésus.

Jésus se retourna, il vit qu’ils le suivaient et leur demanda : Que cherchez–vous ? Ils lui dirent : Où demeures–tu, Rabbi ? Ce mot signifie Maître.

Il leur répondit : Venez, et vous verrez. Ils allèrent donc et virent où il demeurait, et ils passèrent le reste de ce jour avec lui. Il était alors environ quatre heures de l’après–midi.


PrédiP1040077cation donnée par 
Anne Epting, pasteure à Bischheim :

« Je peux voir où tu habites ? »

Quand j’étais enfant, et que je commençais à avoir une nouvelle amie, j’avais très envie qu’elle me montre où elle habite. La nouvelle amie se faisait un plaisir de me conduire jusque devant sa maison.

« Attends ici ! Il faut d’abord que je demande à ma mère si tu peux entrer ! » me dit-elle et elle disparaissait dans la maison.

Quelques instants plus tard qui me semblaient être une éternité, elle réapparaissait derrière la porte : « ça va, j’ai demandé à ma mère. Elle est d’accord : tu peux entrer ! »

 

Dans le passage de l’Evangile de Jean qui raconte les tous premiers pas de la relation entre Jésus et des hommes qui deviendront ses disciples, en quelque sorte ses élèves puis ses amis, nous sommes dans une histoire qui ressemble à celle que je viens de raconter de mon enfance.

Aux deux disciples de Jean le Baptiste qui commencent à s’intéresser à Jésus et à le suivre discrètement, Jésus voyant qu’il était suivi, leur demande « Que cherchez-vous ? »

C’est un peu comme s’il disait : « Je peux vous aider ? Vous cherchez quelqu’un, quelque chose ? Vous vous êtes perdus ? Vous allez où ? »

  • Où demeures-tu Rabbi, maître ?demandent les deux hommes
  • Venez, et vous verrez ! leur répond-il

 

Et Jésus les invite chez lui, leur ouvre sa maison. Mais laquelle ? Où habite-t-il ? Chez ses parents ? Chez des amis, la famille ? Où vit-il ? Nous ne le savons pas. Les évangiles ne nous donnent pas cette information. Tout ce que nous pouvons supposer, selon ce que nous lisons dans les évangiles, c’est qu’à partir du moment où Jésus commence à sortir de son silence, à enseigner et à témoigner autour de lui de ce qui fait sens dans sa vie et qui touche à l’âme, il va et il vient d’un lieu à un autre, il se déplace, se repose ici chez des amis et connaissances, passe la nuit là, dans sa famille proche.

Où Jésus habitait-il ? A quelle adresse ?

Peu doit nous importer finalement son lieu de résidence. Peu importe aussi pour les deux disciples de Jean le Baptise de le savoir. Car, n’est-ce pas que ce qui compte, ce n’est pas le lieu, mais le lien, la nature du lien que nous avons avec lui, que nous entretenons avec lui, que les deux disciples vont tisser avec lui?

Dès le premier contact, ces deux hommes font confiance à Jésus, qu’ils ne connaissent pas ou si peu. Ils viennent d’entendre dire de lui : Voici l’Agneau de Dieu, càd celui qui est véritablement source de libération et de vie nouvelle pour ceux qui croient en lui et se mettent en chemin à sa suite.  C’est ainsi que ces deux hommes le suivent et passent l’après-midi avec lui, peut-être même la soirée, tant ils se sentent bien avec lui, en confiance.

Ce qu’ils y ont fait, ce qu’ils se sont dit, nous ne le saurons pas. Cela reste et restera un secret entre Jésus et ces deux hommes.

Tout comme ces maisons de notre enfance qui garderont pour toujours leur secret, que nous aurions tant aimé visiter et qui nous sont restées fermées.

Mais, quand nous avions le droit d’y entrer, que n’avons-nous pas découvert ?

Des odeurs particulières si différentes de celles que nous connaissions.

Des sons et des bruits qui ne nous étaient pas familiers : le tic-tac d’une horloge, la grand-mère assoupie dans son fauteuil qui respirait doucement.

De la nourriture qui avait un goût si inhabituel.

Sur les étagères, dans les tiroirs que de mystères… !

 

Etre avec Jésus, dans sa maison, c’est être dans la maison de Dieu.

L’église, le bâtiment n’a pas l’exclusivité de la maison de Dieu.

Tout lieu et endroit où la parole de Dieu est annoncée et accueillie, tout lieu où se vit un lien de confiance en Lui, c’est la maison de Jésus, celle de Dieu.

 

Et lorsque, nous nous rendons le dimanche matin au culte comme maintenant et que nous passons un moment avec Dieu comme maintenant, que savent ceux qui sont dehors de ce que nous vivons, de ce qui se passe en chacun de nous, de ce qui nous touche et nous émeut, nous parle, nous interroge et nous interpelle ?

Et nous-mêmes, que savons-nous, lorsque nous sommes en présence de Jésus, de la manière dont Dieu agit en nous, pour nous et avec nous ?

Une heure passée avec lui peut devenir l’instant d’un nouveau départ.

 

Pour les disciples, le moment viendra où ils réaliseront qu’ils ne peuvent plus quitter celui qui va devenir leur maître bien-aimé : « Rabbi, à qui d’autre qu’avec toi, irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle, des paroles qui nous font tant de bien. Avec toi, nous nous sentons comme à la maison ! »

 

Quelquefois, pendant ou après un culte, on sent un chemin d’espérance qui s’ouvre en soi. Nous sommes touchés par une parole, un geste, une musique, un cantique. Nous recevons une force intérieure, du courage pour faire encore un petit bout de chemin, pour nous rapprocher de quelqu’un dont nous nous sommes éloignés, pour prier à nouveau, pour remercier Dieu de nous avoir gardé et protégé.

Oui, le culte : ce moment sacré, mise à part dans notre semaine, où nous nous plaçons sous le regard bienveillant de Dieu, peut être l’instant d’un nouveau départ.

Nous appelons église la maison de Dieu.

Je le redis : ce n’est pas le bâtiment église avec ses murs et ses pierres qui est important.

La maison de Dieu est partout où des hommes et des femmes se réunissent, forment une communauté unie, à l’écoute de la Parole de Dieu, en quête de la Source de la vie, le Christ, s’en abreuvant et s’en désaltérant.

 

« Que cherchez-vous ? » nous demande Jésus.

Nous ne savons pas toujours précisément ce que nous cherchons dans la maison de Dieu.

Nous ne sommes même pas toujours sûr de chercher.

Pourquoi suis-je là ?

« Venez et vous verrez ! » : chaque fois que nous venons, nous allons à la source qui irrigue nos vies, qui la désaltère.

« Venez ! » : il faut se bouger, cesser d’être installés dans sa misère, son enfermement, des lieux et des liens étouffants, se mettre en mouvement pour aller voir.

 

Qu’y a-t-il à voir ?

Rien d’autre que la présence de Dieu à nos côtés. Il n’y a rien d’autre à savoir et à connaître, que de vivre de cette présence et dans cette présence.

Nous imaginons quelquefois trouver Dieu dans le silence feutré d’une église, dans la stricte obéissance à des commandements, dans un credo ou une doctrine figés qui d’ailleurs n’aident guère à vivre…et puis voilà que Dieu, c’est cet autre, un frère, une sœur, un ami, un inconnu à côté de nous qui nous donne envie de nous remettre en marche, d’aller vers la vie, vers notre vie, avec un peu plus de confiance et de courage.

 

« Venez et vous verrez ! »