Culte du 24 septembre 2017

Thème de ce dimanche :  Les biens terrestres

« Déchargez-vous sur Dieu de tous vos soucis, car il prend soin de vous. »   (1 Pierre 6,7)

Textes du jour :
Psaume 127,1-3; Genèse 2,4-15; 1 Pierre 5,5-11; Mathieu 6,25-34; Luc 18,28-30

Prédication de Michel Roth :

Je ne sais pas si c’est aussi le cas pour vous, mais ce texte, “à chaque jour suffit sa peine”, et son contexte immédiat que nous avons relu toute à l’heure, suscite en moi, un certain malaise.

Il y a quelque chose d’assez scandaleux dans l’interprétation habituelle qu’on en donne :

Jésus, d’ailleurs en “remet une couche” en précisant, “ne vous inquiétez pas en disant, qu’allons-nous manger, qu’allons-nous boire, qu’allons-nous mettre pour nous habiller “.

Alors, allez dire cela aux pauvres, aux victimes du chômage, de l’exil et des guerres, allez dire cela aux victimes des ouragans Irma et Maria!

N’est-ce pas un message diamétralement opposé à l’exemple même de toute sa vie, au témoignage des prophètes, au christianisme social et pratique que nous avons tiré des Écritures ?

… Et puis il y a cette phrase : “Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice” N’est-ce pas là un appel à l’action? A l’action pour les autres d’abord! Qu’est -ce que ce Royaume?

C’est un état de croissance, de maturité intérieure, que chacune et chacun de nous peut atteindre. Sûrement, la croissance la plus haute et la maturité intérieure la plus profonde! Aucune question de temps ni d’espace, de quand ni de où, ne s’y rattache! Pour toucher ce niveau, un changement intérieur est nécessaire. Intérieur ne veut pas dire dans les cellules du corps, mais plutôt une finesse de vie, l’ouverture d’une sensibilité, un sentiment pleinement vivant!

… Peut-être, je m’avance, mais la raison pour laquelle nous sommes ici est que nous nous sentons irrésistiblement attirés par Dieu. Et ceci, malgré nos souvenirs pas forcément satisfaisants de notre catéchisme ou de certaines cérémonies religieuses pas très dynamiques! Quelque chose nous pousse à chercher le facteur qui manque à notre vie, cela qui va nous rendre à notre état originel de paix et de joie.

Soyons assurés qu’à partir du moment où nous reconnaissons ce désir pressant en nous, cette aspiration de notre âme, notre esprit va se tourner encore et encore vers Dieu, jusqu’au jour où il deviendra évident que notre vie ne sera complète que lorsqu’elle sera vécue en Dieu et qu’elle aura Dieu vivant en elle …

Dieu est, soyons-en sûrs! Mais cela n’est vrai que dans notre expérience, dans la mesure où nous contemplons, nous prions et gardons notre esprit fixé sur Dieu. Vivant, nous mouvant et maintenant notre vie dans la compréhension consciente que Dieu ne nous abandonnera ni ne nous oubliera jamais! La grâce de Dieu nous suffit mais elle n’apparaît en fait que par la contemplation de cette grâce.

Que Dieu nous mette en relation avec le désir sincère de notre cœur! Amen