Culte du dimanche 19 novembre 2017

Thème de ce dimanche :    Le jugement dernier

« Il nous faudra tous comparaître en pleine lumière
devant le tribunal du Christ. »
  (2 Cor. 5,10)

Lectures proposées : 

Psaume 50,1-6, 14-15 et 23; Jérémie 8,4-7; Romains 8,18-23; Matthieu 25,31-46; Luc 16,1-8

 

Ce culte a été préparé par William Baal, prédicateur laïc

Le texte du jour pour la prédication se trouve dans l’Évangile de Luc, chapitre 16, les versets 1 à 8 :

La parabole du gérant habile

1   Puis Jésus dit à ses disciples :
« Un homme riche avait un gérant qui fut accusé devant lui de dilapider ses biens. 

2   Il le fit appeler et lui dit : “Qu’est-ce que j’entends dire de toi ?
Rends les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.” 

3   Le gérant se dit alors en lui-même :
“Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Bêcher ?
Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’en ai honte. 

4   Je sais ce que je vais faire pour qu’une fois écarté de la gérance, il y ait des gens
qui m’accueillent chez eux.” 

5   Il fit venir alors un par un les débiteurs de son maître et il dit au premier :
“Combien dois-tu à mon maître ?” 

6   Celui-ci répondit : “Cent jarres d’huile.”
Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, vite, assieds-toi et écris cinquante.” 

7   Il dit ensuite à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?”
Celui-ci répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu et écris quatre-vingts.”

8   Et le maître fit l’éloge du gérant trompeur, parce qu’il avait agi avec habileté.
En effet, ceux qui appartiennent à ce monde sont plus habiles vis-à-vis de leurs semblables
que ceux qui appartiennent à la lumière.

 

 

P1050273Que le Seigneur ouvre l’intelligence de nos cœurs par son Esprit Saint !

Notre Seigneur, fait l’éloge d’un escroc ! C’est ce que nous pourrions croire à la vue de ce texte ! Alors nous pouvons voir les choses de différentes manières. Nous nous rappelons tous que Jésus a fréquenté des personnes peu recommandables, comme Zachée, qui collectait des impôts pour les Romains, sur le dos de ses compatriotes. Un collaborateur de la force occupante en somme ! Nous pourrions parler aussi de Marie de Magdala, qui faisait commerce de son corps, et qui a oint Jésus avec un parfum de grand prix, pour anticiper son embaumement. Nous limiter uniquement à cette observation, nous laisserait croire que Jésus aimait la fréquentation de personnes à la morale douteuse !

 Mais il y a une autre manière de voir les choses. Notre Seigneur s’intéressait plus au cœur de l’homme qu’à son statut social ! Dit plus simplement, Jésus avait vu en Zachée,  un homme qui agissait avec droiture : «Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. Et le Seigneur de répondre : «Jésus lui dit: Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham …»,  « … car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu». C’est ce que nous lisons dans l’Évangile de Luc chapitre 19 les versets 8 et 9 et 10. Quant à la sœur de Marthe, Marie, dont Jésus avait chassé des démons, là aussi notre Seigneur avait lu dans le cœur de celle-ci une grande soif d’amour ! Alors pour en revenir à notre intendant escroc, nous pourrions réfléchir à ce que le Seigneur souligne dans ce texte ! Soyons clairs, il ne justifie pas l’action de cet intendant infidèle, il souligne l’ingéniosité et la vérité de sa réflexion. Nous pourrions réfléchir au comment l’homme fait le point sur sa situation, comment il prend les mesures appropriées, la réflexion du maître, et enfin quelles conclusion pour nous au XXIe siècle ?

Que fait l’homme, lorsqu’il voit que sa situation est perdue ? Il regarde en son for intérieur, avec lucidité sa situation ! Il ne se voile pas la face ! Il sait qu’il ne peut rien faire. Il ne veut pas mendier, et il ne veut pas travailler physiquement pour subvenir à ses besoins. Immédiatement, il réfléchi comment il va mettre en œuvre ses compétences. Et c’est en cela, qu’il utilise ses propres talents pour trouver une solution à sa situation. Et, il agit. Et il utilise son temps de préavis pour sécuriser son futur. Pour résumer, il fait preuve de vérité face à lui-même. C’est ce que nous retrouvons dans les versets 5 et 8. Il a un but : s’attirer la bienveillance  de ceux à qui il va remettre la dette pour l’échanger contre une hospitalité. En clair, il considère que c’est une situation de vie où de mort pour lui. C’est comme cette histoire de la mouche qui tombe dans un verre de lait frais, et qui bat des ailes tellement fort (c’est tout ce qu’elle sait faire), et à force de battre, le lait le transforme en beurre, et ainsi elle peut s’appuyer sur celui-ci pour s’envoler ! Voilà ce que nous pouvons voir dans l’attitude responsable de cet intendant infidèle ! Il veut à tout prix s’en sortir.

Le maître, cité par notre Seigneur, admire son attitude de responsabilité, de détermination, et enfin de volonté d’action de sauver sa vie. À aucun moment, il ne regrette son choix de se séparer de cet intendant infidèle. Dit plus simplement, un escroc reste un escroc, même si sa manière de faire peut susciter l’admiration ! Dans le verset 8, il parle: «En effet, ceux qui appartiennent à ce monde sont plus habiles vis-à-vis de leurs semblables que ceux qui appartiennent à la lumière.»  Qui sont semblables à ces enfants de lumière ? À l’époque, nous pourrions imaginer que c’est ceux qui respectaient la loi de Moïse et qui étaient sincères devant Dieu. Mais comment traduisaient-t-ils leur engagement pour Dieu ?

Mais  que pouvons-nous retenir, nous tous ici présents, dans ce texte ? Sommes-nous également les enfants de lumière ? Mettons-nous autant d’intensité à sauver nos vies matérielles comme cet intendant au détriment de notre relation avec Christ? Avons-nous du zèle et de l’ardeur à réaliser les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance pour nous ? Vous le savez, chacun peut répondre à cette question en son cœur. Néanmoins nous pouvons formuler un constat, c’est que l’homme n’a pas changé. Nous avons vu au cours des siècles, et notamment il y a 500 ans, que Luther s’était élevé contre le paiement des indulgences. Même si celle-ci était destinée à ériger la basilique Saint-Pierre, il s’agissait d’une escroquerie aux écritures saintes de notre Bible ! Malheureusement encore maintenant, nous avons des prédicateurs de tous bords qui mobilisent les médias télévisuels, à grand renfort de musique et de lumière pour faire appel à des dons, qui souvent servent à les enrichir. Alors comment réagir face à cela ? Notre Seigneur a des réponses : «Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir» (Luc 8, verset 18), et il ajoute par la parole de Paul à Timothée : «Recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux, et de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu, qui nous donne avec abondance toutes choses pour que nous en jouissions.» Et toujours chez Timothée : «… de s’amasser ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide,  afin qu’ils obtiennent la vie éternelle.» Voilà le programme que nous propose notre Seigneur. Équilibrons notre vie spirituelle et temporelle, il y a de la place pour  l’une et l’autre, en ayant de la lucidité, de la vérité, et de l’amour dans ce que nous vivons. Prenons le temps pour nous arrêter sur le sens de notre vie ; elle passe tellement vite .Tenons ferme dans notre foi, Vous le savez tous notre Seigneur nous accueillera dans son royaume d’éternité, parce que nous avons  eu cette foi en lui jusqu’à notre dernier souffle.

AmenP1050278