Culte du 3e dimanche de l’Avent

17 décembre 2017

Thème : Le précurseur du Seigneur

« Dégagez le chemin du Seigneur:
Voici le Seigneur Dieu.
Il arrive plein de force. »   Esaïe 40,3,10

Lectures du jour : Psaume 85; Esaïe 40,1-8; 1 Corinthiens 4,1-5; Matthieu 11,2-6;

et pour la prédication : Romains 15.4-13

 

Ce culte a été préparé par Charles Würtz, prédicateur laïc de Hoenheim :

pasteur Wurtz

Voila plusieurs semaines que la grande machine des préparatifs et des manifestations de Noël s’est mise en marche. Entre les lumières des guirlandes et des vitrines, derrière les messages de toutes sortes qui remplissent nos boites aux lettres et saturent nos messageries électroniques ou nos téléphones, il nous faut découvrir une formidable machine commerciale qui nous inonde avec ses sollicitations pour toujours consommer et acheter plus.

Devant ce déferlement de marketing à l’échelle mondiale il est important, voire nécessaire, de se poser la question : « Qu’attendons-nous de Noël ? ».

Et dans notre milieu d’Église la question serait plutôt : « En tant que chrétiens, qu’attendons-nous de Noël ? ».

En ce 3ème dimanche de l’Avent un extrait de l’Épître aux Romains (15.4‑7) servira de guide à notre réflexion :

 

4 Or, tout ce qui a été écrit jadis l’a été pour votre instruction, afin que, par la persévérance et la consolation apportée par les Écritures, nous possédions l’espérance.

5 Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus-Christ,

6 afin que, d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

7 Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.

 

D’un point de vue purement rationnel, attendre chaque année Noël peut paraitre paradoxal. Car c’est un événement du passé qui a eu lieu il y a plus de 2.000 ans…

Historiquement la période de l’Avent était une période de jeûne et d’abstinence en vue de se préparer à Noël. L’Avent, appelé un moment le « Carême de saint Martin », marque le début de l’année liturgique et constitue une triple référence au passé, au présent et à l’avenir. En effet, la période de l’Avent célèbre le triple avènement du Christ ; sa naissance à Bethléem il y a deux mille ans, sa venue dans le cœur des hommes de tout temps, et son retour glorieux à la fin des temps.

De ce fait, les fêtes de Noël, et de l’Avent qui les précède, sont avant tout des moments de grande espérance. Espérance dans un monde meilleur illuminé par la présence de Jésus qui a manifesté l’amour de Dieu, le Père, parmi les hommes. Espérance d’une humanité meilleure, illuminée par le message du Salut proclamé et incarné dans le Christ Sauveur. Espérance dans le prochain retour en gloire de Jésus, qui viendra régner dans un monde régénéré et délivré du pouvoir du Mal et de la Mort.

Pendant ces jours, chacun est invité à prendre du recul pour marquer une pause dans la frénésie de la vie de tous les jours. Longtemps, le temps de Noël a été un temps de trêve, même pendant les périodes sombres de guerres et de conflits. Cette heureuse coutume est malheureusement de moins en moins observée. A contrario, durant les temps de paix relative, que nous connaissons dans notre civilisation occidentale du 21ème siècle, la période qui précède Noël est plutôt une période de tension et d’agitation frénétique qui laisse peu de place à la médiation et au retour sur soi.

 

Comme nous le montre le verset 4 de l’Épître aux Romains, les Saintes Ecritures nous apportent la persévérance et la consolation, afin que nous puissions, particulièrement durant ces jours d’attente de la venue de Noël, nous souvenir que nous avons une grande espérance dans la promesse de l’amour de Dieu. Malgré les aléas de la vie, nous pouvons nous appuyer sur l’assurance que nous ne sommes pas seuls et abandonnés, avec comme seule avenir une vie sans but et sans espoir. Mais le message de l’enfant de Noël nous rappelle, année après années, que notre existence à un sens et que par la venue de son Fils, Dieu nous offre, gratuitement par la foi, une vie dans la plénitude de son amour.

 

Même si pour beaucoup la période de Noël ne se résume qu’à un temps propice pour faire la fête, ces temps d’attente et de célébration sont des moments privilégiés pour rendre gloire à Dieu et témoigner au monde, dans lequel nous vivons, de l’amour de Dieu pour l’humanité toute entière.

En fait, en fêtant chaque année Noël, nous annonçons à ceux qui nous entourent qu’un jour Dieu est venu parmi les hommes pour leur apporter une espérance de vie nouvelle et un amour éternel. Cet événement est unique, car la venue de Jésus, en tant que Sauveur de tous les hommes, est une manifestation exceptionnelle et non renouvelable. Au terme de son ministère terrestre, la mort et la résurrection au jour de Pâques de Dieu le Fils, a marqué définitivement la victoire du Bien sur le Mal, de la Vie sur la Mort. Cet acte d’amour et de libération est unique. Il ne pourra pas, et ne nécessitera pas, d’être recommencé.

Mais l’événement de Pâques procède directement de Noël. Pour que le miracle de Pâques puisse être accompli, il fallait que le Christ s’incarne, c’est-à-dire naisse comme un être authentiquement charnel, porté et né de la Vierge Marie.

En premier lieu, nous pouvons donc nous réjouir et commémorer la venue du Fils de Dieu parmi l’humanité.

Ce saint anniversaire est aussi l’occasion pour les chrétiens de rappeler au monde qui les côtoie que la fête de Noël ne se résume pas à une simple occasion de se faire plaisir et de ripailler, en oubliant pour quelques instants les rigueurs et les soucis du temps présent. Mais le souvenir de la Nativité de Jésus peut aussi être une occasion pour marquer un temps d’arrêt, un temps de remise en question, un temps pour accepter une nouvelle orientation vers une vie de plénitude dans la lumière du message libérateur de l’Evangile du Salut.

L’atmosphère particulière de la nuit de Noël est faite de joie, mais aussi de proclamation de ce qui est arrivé en Palestine, il y a plus de 2.000 ans. Lorsque l’histoire de l’humanité s’est directement confrontée avec la réalité de l’amour de Dieu pour sa création, et tout particulièrement pour toute créature humaine, par-delà les frontières de l’espace et du temps.

Oui ! C’est le joyeux message de la venue de Jésus, Fils de Dieu, que nous sommes appelés à partager avec nos contemporains pendant cette période toute particulière de l’Avent et des Fêtes de Noël.

 

Pendant ces semaines, nous pouvons entendre ça et là quelques timides appels au partage. A l’occasion des fêtes de fin d’année, plusieurs manifestations caritatives et d’appel à la solidarité, comme le « Téléthon » pour n’en citer qu’une seule, utilisent ce moment pour appeler à la bienveillance des donateurs.

Dans l’inconscient collectif, Noël est plus ou moins associé à une période de paix, de partage et de bonté. Même ceux qui ont complètement perdu de vue le sens profond et originel de la Nativité peuvent conserver, dans un coin de leur cœur ou de leur conscience, une parcelle de charité et de solidarité avec ceux qui souffrent dans le corps ou leur esprit et qui ne peuvent, pour une raison ou une autre, bénéficier des effets bienfaisants de cette période de joyeuses fêtes.

Le message de l’Évangile est aussi un appel à la fraternité, comme nous y convie l’Apôtre Paul dans l’Épître aux Romains qui nous dit : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.« 

L’Église du Christ est une communauté de sœurs et de frères où chacun est appelé à aller vers son prochain pour partager la joie de l’amour de Dieu retrouvé. Aimé de Dieu, le croyant est naturellement porté à partager cet amour qui déborde de son cœur. L’amour du prochain est consubstantiel, c’est-à-dire fait partie intégrante, de la foi en Christ, comme Jésus lui-même nous l’affirme, dans les évangiles : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même.« 

Nous retrouver pour fêter en famille ou entre amis fait partie des traditions de Noël. Mais les célébrations de la Nativité et des jours de l’Avent doivent aussi être une occasion pour partager la Bonne Nouvelle de la venue de Jésus, le Messie en communion avec nos sœurs et frères. Et pourquoi pas, inviter ceux qui sont distancés de l’Église pour leur permettre de trouver, ou retrouver, le sens profond et originel des fêtes de Noël ; à savoir Jésus-Christ qui est aussi venu pour leur permettre de se réconcilier avec Dieu qui les aime de son amour universel et infini.

 

Les fêtes de Noël que nous célébrons année après années marquent la commémoration de la venue du Christ Sauveur dans notre humanité. Cet événement fondamental et unique rempli le cœur du croyant d’une espérance qui lui permet d’avancer sur le chemin de la foi.

 

Fêter la Nativité de Jésus, c’est aussi rendre gloire à Dieu pour son amour qui a amené son Fils à venir parmi nous pour nous apporter la Bonne Nouvelle du salut. Noël marque le point de départ d’une relation nouvelle entre les hommes et Dieu. Cet acte d’amour inconditionnel culminera avec le miracle de Pâques qui ouvre à toute l’humanité la voie de la réconciliation avec le Dieu Créateur.

Ce message d’amour et de joie, nous sommes appelés à le partager avec ceux qui marchent à nos côtés sur notre route terrestre. Noël est une occasion toute particulière pour témoigner et proclamer le message du Salut rendu possible par la venue de Jésus-Christ parmi l’humanité.

Amen.

 

Prière d’intercession
(Liturgie du culte dominical et des fêtes ANELF 2016)

Dieu éternel,

ton Fils est notre espérance.

C’est en son nom que nous t’adressons notre prière :

Que ton Église ne se lasse ni de vivre l’attente de la venue du Christ, ni de te servir.

Sois aux côtés de ceux qui sont persécutés

et emprisonnés à cause de leur foi.

Fortifie leur confiance et rends nous prêts à intervenir en leur faveur.

Fais vivre dans la paix et la justice

les hommes et les femmes de notre terre.

Remplis de ton esprit de sagesse

tous ceux qui exercent un pouvoir

et ont de l’influence parmi les peuples.

Donne ta force à tous ceux qui sont au service des autres :

les enseignants, les éducateurs,

les responsables des médias …

qu’ils témoignent de ta justice et de ta paix.

Comble en ces jours l’aspiration de tous ceux et celles

qui sont en recherche d’amour et de sécurité.

Donne à ceux qui se sont endormis en toi

de contempler ce qu’ils ont espéré durant leur vie.

 

Dans le silence confions à Dieu ce qui nous tient particulièrement à cœur.

[Silence ]

Dieu éternel, tu sais ce qui nous peine

et tu connais nos prières avant même que nous ne les exprimions.

Nous mettons notre confiance en toi

aujourd’hui et pour l’éternité.

Nous te prions au nom du Christ qui nous a enseigné à te dire :

Notre Père …