Culte de confirmation commun des confirmands de Bischheim et Schiltigheim à l’église NSJC à Bischheim

 

Confirmation 13 mai 2018, 

placée sous le thème :  « L’amour ne disparaît jamais ! »

(1 Corinthiens 13,8)


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Mot d’accueil des confirmands par Roger Somé, vice-président du conseil presbytéral de Bischheim, le dimanche 13 mai 2018 en l’église NotreSeigneurJésusChrist de Bischheim :

Chers frères, Chères sœurs,

En prenant le Seigneur comme mon soutien, comme notre soutien, je prends la parole ici, aujourd’hui, au nom du Conseil presbytéral et au nom de chacun, chacune, de nous tous en communauté, pour adresser un mot d’accueil aux confirmands ici présents.

Cette parole, je la prends non sans émotion. En effet, qui pouvait imaginer que moi Roger Somé, prendrais la parole en cette Église Notre Seigneur Jésus Christ à Bischheim pour accueillir de jeunes confirmands ? En tout cas, ce fait, je ne l’avais jamais imaginé et ne l’avais donc pas recherché. Mais comme vous le savez autant que moi, le Seigneur parle tantôt d’une voix, tantôt d’une autre. En conséquence, je laisse ma pensée admettre qu’il est passé par des personnes, dont certaines très proches de moi, qui sont ici aujourd’hui. C’est donc à la faveur du Seigneur et à travers ces personnes que ce fait est, aujourd’hui, réalité. Alors je rends grâce à Dieu et implore son aide pour accomplir cette mission de la meilleure façon possible.

Chers frères et sœurs, cette situation paraissait d’autant plus improbable que j’ignorais également ceci que cette prise de parole interviendrait à l’occasion même du baptême-confirmation de mon fils, Jonathan. Et puisque tout ce que le Seigneur accomplit est bon, je ne peux que m’incliner pour me mettre sous son aile.

Chers confirmands, après ce propos introductif, je m’adresse à vous. Je voudrais le faire en partant des Écritures. Cependant, étant conscient de ce que je ne suis pas formé à l’exégèse de ces textes, je le fais avec mon cœur m’inspirant d’un philosophe français qui fut par ailleurs un fervent croyant, j’ai nommé Blaise Pascal, pour qui c’est le « cœur qui sent que les nombres sont infinis » pour qu’ensuite la raison en fasse la démonstration (Pensées, § 479, p. 1221-1222, Pléiade, Gallimard, Paris, 1954). Pour le dire rapidement et en deux mots, la vérité est d’abord établie par un sentiment, celui du cœur. Ce sentiment dans la pensée pascalienne c’est l’attachement à Dieu, c’est la foi par quoi se donne la vérité et pour laquelle la preuve de la raison n’est pas importante.

Vous l’aurez compris, je vais vous parler du cœur comme siège de la connaissance par l’amour, ce sentiment devenu principe d’action pour le chrétien.

En conséquence, et comme vous l’avez entendu par la voix de Anne EPTING, notre pasteure, « vous êtes appelés à confirmer » votre engagement qui est votre entrée en chrétienté, une chrétienté dans laquelle vous veillerez au respect de cette loi, reçue du Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime », Jean, 15, 12-13. Être chrétien, c’est donc vivre et appliquer l’amour. Mais vivre et appliquer l’amour n’est pas chose facile. Oui, l’engagement sur le chemin de Dieu n’est pas un long fleuve tranquille, certes ! Mais il n’est pas non plus un itinéraire impossible à parcourir. Cela demande de l’effort, de la recherche, de la persévérance. Aimer son prochain, c’est lui être favorable quand il est gentil avec vous mais surtout quand il ne l’est pas.

Aimer son prochain, c’est rire avec lui dans les jeux, dans les fêtes, dans les retraites, au catéchisme, dans les cours de récréation quand il partage son gouter avec vous. Mais aimer son prochain, c’est aussi et toujours continuer de rire avec lui quand il vous insulte ; quand il présente votre différence comme étant une faiblesse, une tare, une négativité, voire un mal absolu.

Aimer son prochain, c’est apporter son concours à celui qui est dans la peine, dans la difficulté de la vie et à des degrés divers. Aimer son prochain, c’est être attentif à l’autre qui est un autre vous-même, ce qui veut dire entrer en humanité.

Aimer son prochain c’est être capable d’entrer en fraternité en toute simplicité avec celui qui est mieux que vous, qui a plus que vous (surtout en cette époque de la culture de l’avoir) et sans être jaloux de son statut de privilégié.

Si vous n’êtes pas capable d’être attentif au sans domicile fixe, à ce frère ou à cette sœur qui vit dans la rue et qui, pour cette raison, et seulement pour cette raison, est différent(e) de vous ;

Si vous n’êtes pas capable de porter votre attention à la personne en situation de handicap, aux personnes âgées gagnées par la faiblesse engendrée évidemment par leur expérience du temps qui s’est écoulé ;

Si vous n’accordez pas la fraternité à l’étranger, celui qui n’est pas familier à votre environnement de vie et qui, pour cette raison, est dans une faiblesse car il n’a pas encore apprivoisé les éléments indispensables de l’environnement d’accueil ;

Si vous n’êtes pas à mesure d’ouvrir votre cœur à votre voisin de pallier, de la rue, du quartier ; d’ouvrir votre cœur au riche comme au plus modeste, à chacune des personnes de toutes les catégories ici citées ; d’ouvrir votre cœur à chaque personne qui, en raison de sa situation particulière, est différente de vous tout en étant en vous car elle est un homme ou une femme comme vous, il ne vous sera pas possible de respecter la vie comme étant la créature de Dieu.

L’amour du prochain est l’amour de Dieu. C’est pourquoi Jésus en répondant à la question du pharisien qui espérait le piéger en Mathieu 22 : 37-39,  nous prescrit une fois de plus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée ». Tel est « le grand commandement ». Puis il ajoute : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ici encore, et bien que nous ayons presque le même contenu sémantique que dans le texte précédent, il y a une nuance d’importance notable. Aimer son prochain comme soi-même quand on est humain, ce n’est pas facile car nous sommes souvent minés par des rivalités, nous sommes souvent si emprisonnés dans ce monde de compétition que nous avons tendance à vouloir être plus que notre prochain, ce qui nous ferme la porte qui mène vers lui.

Alors, en face de toutes ces difficultés qui mettent en péril votre, notre, exercice de l’amour avant même que vous l’ayez, que nous l’ayons commencé, quelle est la solution ? Cette solution est énoncée en Mathieu, 22 : 37-38 : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée ». Si vous aimez votre Dieu de manière absolue avec conviction, alors tout est possible car vous aimerez d’autant plus aisément votre prochain. Parce que l’amour de Dieu supplante tout, il vous met dans les conditions du pardon. Quiconque aime Dieu cultive l’humilité qui fraie le chemin du pardon. En effet, sans l’application du pardon, il n’est pas possible de continuer d’aimer le prochain en toute circonstance, notamment quand il vous offense ou vous cause un tort quelconque.

Mais l’application du pardon n’est pas sans obstacles car les émanations du diable tel que l’orgueil, la vanité, sont toujours tapis prêts à bondir contre l’humilité. Alors, chers confirmands ! Vous me direz que c’est en définitive quasi impossible de parvenir au respect de la loi de l’amour !

Mais oh oh que non ! Car rien n’est impossible au Seigneur. En conséquence la solution ultime se trouve dans la source qui est Notre Seigneur. Il faut toujours vous en remettre à lui, placez toujours votre action sous sa protection, prenez le toujours comme votre guide en pratiquant la Parole. Cette pratique de la Parole commence avec la lecture de la Bible. C’est ce à quoi j’ai tenté de vous y inviter en montrant, je l’espère, que je suis, que nous sommes, chacun, chacune, frères et sœurs ici présent(e)s comme vous, c’est-à-dire des humains souvent habités par le doute. Cependant, il nous est possible de vaincre le doute si nous nous laissons aller par l’aide, par le concours et donc le soutien du Seigneur.

Que le Seigneur Notre Dieu accompagne toujours chacun, chacune  de vous dans son voyage spirituel et assiste chacun, chacune de vous dans ses différents engagements dans la vie.

AMEN.

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Prière d’intercession :

  • Danielle Diligent : Mon Dieu, tout ce que nous avons reçu ici, que nous puissions le comprendre par notre intelligence, le sentir dans notre coeur et le mettre en pratique en agissant en conséquence. C’est vivre par ton Esprit qui peut nous rendre libre. Ni les paroles, ni l’intelligence, ni quoi que ce soit d’autre. Permets à ces jeunes confirmés de vivre une vie lucide et ouverte. Permets à leur famille de respecter leurs sentiments et leur désir d’indépendance. Qu’ils découvrent que la foi est une aventure courageuse où marcher et prier vont main dans la main.
  • Francine Baermann : Mon Dieu, fais sentir à ces jeunes qui viennent d’être confirmés, que cette cérémonie est une marche pour aller plus loin, plus fièrement, plus dignement. Qu’ils restent sensibles aux souffrances qu’ils côtoient, qu’ils expérimentent encore et encore ta Présence dans le calme et la confiance. Que les épreuves qu’ils vont traverser les aident à prendre conscience de la richesse et de l’intelligence profonde de notre foi chrétienne toute entière contenue dans l’amour du Christ.
  • Marion Herrbrecht : Notre Dieu, nous te prions pour qu’au sein de chaque religion, de chaque Église, de chaque communauté, les forces de discernement et d’accueil l’emportent sur les tentations du repli, de l’exclusion et de l’indifférence.

Nous te prions pour que dans les bons comme dans les mauvais jours nous écoutions les pas du Christ invisible, qui chemine avec nous ; pour que ton Esprit donne sens à nos paroles et force à nos gestes, tout au long de notre marche sur la terre.

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Paroles d’envoi :

« Vous qui êtes ici, vous êtes ceux à qui Dieu dit : soyez porteurs d’espérance ! Prenez donc un nouveau courage, partez dans le monde et dites-lui : tu es le monde de Dieu, pour lequel Dieu dira son dernier mot. Un monde fait pour le beau et le bon, un monde dans lequel paix, amitié et affection règnent. Un monde à qui Dieu dit : vous êtes tous mes enfants qui peuvent me dire « Abba, Père »   (Desmond Tutu)