Culte du dimanche de la Trinité, 11 juin 5017

Trinité

 

Lectures du jour :P1030608
Psaume 145; Esaïe 6,1-13; Romains 11,33-36; Jean 3,1-8
Cantiques :
Alléluia 42-03; 43-05; 35-07;41-11

P1030609

 

 

 

 

 

La prédication nous a été donnée
par notre prédicateur laïc, William Baal :

 

Voici le texte pour la prédication :  il se trouve dans le livre d’Esaïe au chapitre 6, les versets 1 à 13  (Segond)

 

1  L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé ; le bas de son vêtement remplissait le temple.
2  Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes : deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les jambes, et deux dont ils se servaient pour voler. 
3  Ils s’appelaient l’un l’autre et disaient : Saint, saint, saint est le SEIGNEUR (YHWH) des Armées ! Toute la terre est remplie de sa gloire !
4  Les soubassements des seuils frémissaient à la voix de celui qui appelait, et la Maison se remplit de fumée. 
5  Alors je dis : Quel malheur pour moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, le SEIGNEUR (YHWH) des Armées !
6  Mais l’un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une braise qu’il avait prise sur l’autel, avec des pincettes. 
7  Il toucha ma bouche et dit : Ceci a touché tes lèvres : ta faute est enlevée, ton péché est expié.
8  J’entendis le Seigneur qui disait : Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? Je répondis : Je suis là, envoie-moi ! 
9  Il dit alors : Va dire à ce peuple : Ecoutez toujours, mais vous ne comprendrez rien ! Regardez toujours, mais vous n’apprendrez rien !
10  Engourdis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille et ferme-lui les yeux, de peur qu’il ne voie de ses yeux, qu’il n’entende de ses oreilles, que son cœur ne comprenne, qu’il ne revienne et ne soit guéri.
11  Je dis : Jusqu’à quand, Seigneur ? Et il répondit : Jusqu’à ce que les villes soient saccagées, sans habitants, les maisons sans hommes, et la terre saccagée, dévastée ;
12  jusqu’à ce que le SEIGNEUR ait éloigné les hommes et que le pays soit tout à fait abandonné.
13  S’il y reste encore un dixième des habitants, il repassera par l’incendie ; mais, comme le térébinthe et le chêne conservent leur souche quand ils sont abattus, sa souche donnera une descendance sainte.

Nous voilà devant un texte bien étrange ! C’est le récit d’une vision.  La vision d’un scribe, qui était le secrétaire personnel du roi Osias. Il était chargé d’écrire les événements de la royauté. Il est vraisemblable, mais le texte ne nous le dit pas, que cet événement ait eu lieu lors de l’intronisation du futur roi Achaz. Celui-ci, sera par la suite un roi, dont le cœur s’est endurci et qui s’était éloigné de Dieu durant son règne. Mais revenons-en à Esaïe, et au récit de cette vision. Du verset 2 au verset 5, nous sommes en pleine fantasmagorie. En clair, il est question de séraphins avec des descriptions de leurs ailes, qui chantent la gloire de Dieu. Puis aux versets 6 et 7, le charbon ardent qui purifie le futur prophète devant la majesté de Dieu. Et enfin la demande, la réponse d’Esaïe et le message à transmettre (versets 8 à 13). Je crois que nous pourrions trouver plein d’explications scientifiques et rationnelles à ce texte. Dit plus simplement, notre prophète avait dû inhaler les fumées d’encens et autres substances narcotiques répandues à l’occasion de cette célébration … Ce qui avait dû provoquer cet état d’extase ! Pour voir les choses d’une manière encore plus basique, notre prophète devait être en train de planer ! Il était là, sans être là ! Mais est-ce vraiment ce qui doit nous préoccuper ? Est-ce que nous devons nous concentrer uniquement sur l’état d’Esaïe ? ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, d’être en dehors du temps, du lieu, et je dirais même en dehors de notre corps, lorsqu’il nous arrive d’avoir des révélations, de vivre des rêves, ou tout simplement d’être ébloui par la beauté de paysages à couper le souffle ? C’est en cela que je laisse le mystère de cet état de côté, pour plutôt me concentrer sur le message de celui qui à accepté de devenir prophète. C’est ainsi que nous pourrions réfléchir, au contenu du message transmis : le verset 9, le verset 11, et enfin le verset 13.

Au verset 9 :  « Il dit alors : Va dire à ce peuple : Ecoutez toujours, mais vous ne comprendrez rien ! Regardez toujours, mais vous n’apprendrez rien ! Engourdis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille et ferme-lui les yeux, de peur qu’il ne voie de ses yeux, qu’il n’entende de ses oreilles, que son cœur ne comprenne, qu’il ne revienne et ne soit guéri. »  

C’est un message que nous retrouvons régulièrement, dans notre Bible dans Exode, chapitres 7 et 8, lorsqu’il est question du pharaon qui a le cœur endurci et ne veut pas laisser partir le peuple d’Israël de son pays, dans Jérémie 5, 23, dans Actes des Apôtres, chapitre 28,27, etc. Je citerai juste le verset de laL aux Hébreux, chapitre 3 :  « C’est pourquoi comme dit l’Esprit Saint, aujourd’hui si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ! » 

Mais cela ne répond pas à la question du pourquoi de cette rébellion contre Dieu ? Une réponse pourrait être, que l’homme a toujours voulu être indépendant de Dieu et de son message ! Quoi de plus naturel, à ce moment-là, que notre Seigneur suive cette inclinaison de nous-mêmes pour nous laisser aller dans une impasse, et enfin, que nous retrouvions ce chemin de la dépendance divine, si nous avons fait un profond retour en nous-mêmes. Dieu nous laisse libres de faire ce que nous voulons de notre vie ! Et plus nous nous éloignons de lui, plus nous allons-nous endurcir dans notre cœur. Dit plus simplement, c’est notre égoïsme et notre orgueil et notre suffisance qui nous conduisent à considérer que nous pouvons nous passer de Dieu.

C’est en cela que nous pouvons considérer les conséquences de cette attitude au versets 11 à 13 où il nous est dit : « Jusqu’à ce que les villes soient saccagées, sans habitants, les maisons sans hommes, et la terre saccagée, dévastée ; jusqu’à ce que le SEIGNEUR ait éloigné les hommes et que le pays soit tout à fait abandonné. S’il y reste encore un dixième des habitants, il repassera par l’incendie … »  Nous ne sommes pas maîtres de notre avenir. Nous pouvons faire des prévisions, des plans et des projections, mais nous ne connaissons ni maîtrisons notre futur. Quel risque y a-t-il pour-nous, à rester dans la dépendance de Dieu ? Il y a une oscillation permanente entre notre dépendance et notre indépendance du Seigneur. Et cela aura toujours des effets sur notre vie ! Alors quel choix pouvons-nous faire au regard de tout ce que nous avons lu ou vécu ? La dépendance de Dieu ne nous garantit pas une vie comme un long fleuve tranquille. Nous serons secoués par des tempêtes, des épreuves, et des tribulations. Mais il y a un espoir : c’est là que nous arrivons à la troisième thématique de notre réflexion.

C’est la fameuse promesse de cette souche qui va donner une descendance sainte. Qu’est-ce que cela veut dire ? Il nous est donné de réponse dans le livre de Daniel, chapitre 12, verset 13 :  « Et toi, marche vers ta fin; tu te reposeras, et tu seras debout pour ton héritage à la fin des jours. »

Marc et Mathieu nous exhortent à la même chose :  « Celui qui persévérera (dans le Seigneur) jusqu’à la fin sera sauvé. » Nous qui sommes présents ici ce matin nous avons également cette promesse de notre Seigneur qui nous dit : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » C’est ce que nous retrouvons dans l’Évangile de Mathieu, chapitre 28, versets 20. Nous qui sommes le rejet de cette souche brûlée, portons du fruit, de manière à ce que nous soyons identifiés comme étant ceux qui appartiennent au Seigneur. Vous le savez tous, son royaume d’amour nous attend, pour être avec lui d’éternité en éternité. Amen

 

Nous disons notre foi

Nous croyons en Dieu. Malgré son silence et son secret, nous croyons qu’il est vivant. Malgré le mal et la souffrance, nous croyons qu’il a fait le monde pour le bonheur de la vie. Malgré les limites de notre raison et les révoltes de notre cœur, nous croyons en Dieu.

Nous croyons en Jésus-Christ. Malgré les siècles qui nous séparent de son existence terrestre, nous croyons en sa parole. Malgré sa faiblesse et sa pauvreté, nous croyons que sa mort est notre vie. Malgré nos incompréhensions et nos refus, nous croyons en sa résurrection.

Nous croyons en l’Esprit-Saint. Malgré les apparences, nous croyons qu’il conduit l’Eglise. Malgré la mort, nous croyons à la résurrection. Malgré l’ignorance et l’incrédulité, nous croyons que le royaume de Dieu est pour tous les hommes. Amen.